Le fin mot de l'écrit

Quand l’urgence me prend d’écrire, je me rends à mon appart’errance… cette fêlure opportune qui se forme par moment dans la réalité.

25 mars 2008

Juste l' invisible

De ma crypte, créature si clone
A travers mes semblables différends
Je veux percer au vif l’inconcevable
Un bâillon de coeur dans un cri aphone
Forcer les scellés fixes de l’impensable
Pour mentir l’admis et ses référents

Je cours le mot nu, ignoré encore
L’idole primitive qu’il faut implorer
Afin qu’elle me livre le tour introuvé
Une vue de l’antérieur du décor
Prise avant le synonyme aimer
Avant toujours, dans l’enfance du cliché

Un bandeau sur le front et d’un œil noir
Je vise juste l’invisible muselé
Qu’il me dise l’expression non sacrée
Tous ces bruits interdits de parloir
Qu’il me dise différemment l’amour
Car je le fusille sans plus de détours

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18 décembre 2007

Trouble

Vois comme sur cette eau, agitée et trouble, se meut ton image…
Confus est ton visage quand ton regard s’y plonge : que dit-il ce reflet, issu des profondeurs ?
Du fin fond de ton corps fait surface le doute, vainqueur insoupçonné, et tes mains festoyantes en effleurent la coupe.

Vois comme aussitôt réfléchie, cette image mutine efface celle, cabotine et oiseuse, de ta face vaseuse ; comme à contre-courant, l’onde déloyale rehausse avec morgue le portrait inconstant d’un être en cabale, qui outre mesure se saborde en absurde tentative d’aborder à la dérive un rivage sans abord et qui se figure, spectral, s’accrocher sans anicroche, dans un feuillage occulte, aux branches ténues d’un paysage tors.

Vois comme sans ménage sous le poids du remords : ce flux furtif et retors, se noie ton personnage… un instant sentinelle sur des flots subreptices.
Ainsi qu’un frêle esquif sur une vaste étendue, d’équipage dépourvu, qui suit le cours hâtif d’intrigue en détresse, dans le remous perdu, échoué dans le sillage et dans le subterfuge d’une mystification !

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19 novembre 2007

Tant d'heur

Tant d’heur bu au comptoir de cet imaginaire
Qui d’une pression, un demi à moitié vide
Plein d’une bouffée de délire sapide
Soûle l’inachevé d’une œuvre à parfaire

Un verre sans pied en main, la tête foraine
Mes doigts enserrent furieux l’anse de la chope
Le fluide s’écoule où mon manège achoppe
Et d’une gorgée à l’autre, ailleurs je m’entraîne

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22 octobre 2007

Va savoir...

Quand les pains s’en mêlent entre les sots qui planchent bien assis, montés très tôt sur leurs grands chevaux de bois, levant le poing sans même lever le petit doigt, moi, je ne nie pas, non ne nie pas et j’ai ouï-dire, à tort ou à raison, que de toute facette le cube ne tourne pas rond, mais oblique se voile la face unique, devant laquelle bille en tête, j’opine du couvre-chef, latéromane, d’un côté comme de l’autre.

Alors, va savoir…

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21 octobre 2007

L' Actrice

Lassée du lit calme des jours, du temps qui ne coule nul souvenir dans le moule uniforme de l'instant, où la vie telle une statue de pierre, figée et solitaire et rongée par les pluies, cherche en vain des bribes à son histoire, l'actrice, née du désir de consumer la nuit, caresse un mythe dans son désert de glace.

Quand sur la scène d'un présent hallucinogène, elle attend lointaine la réplique du futur, sa voix, écho de l'être, se brise dans le silence.

Ses yeux fardés se fatiguent, à force de fixer le pourtour obscurci d'un hier répété. La riposte des jours, insolente et impure, semble renchérir sur le rictus duplicateur des autres : "doublure"...

Au hasard de ses veillées, mille rêves ressassés s'étiolent à l'aurore du réel divulgué. Et les flashes éblouissants, quand s'insurge la raison, n'insufflent plus l'espoir d'un rôle bien à elle.

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20 octobre 2007

Harmonie qu' à

Sur le parvis d’un bonheur édifié, loin de la salle des pas perdus, la joie se félicite de ne pas à ne pas rompre la danse, pour oser dans la foulée tenir en liesse le présent et suivre alerte la sirène de l’ambulance, vers un asile d’enchantement.

Là, le plane-être tourne tout à l’instinct, longeant sans blues ni camisole le couloir fol des perspectives florissantes, celle de fondre au soleil, de prendre la poudre d’escampette ou celle encore, hors du mortel commun, de fendre la foule humaine des foudres fascinantes, comme bricoles vues du ciel.

Ici, s’enrôlent au sol les serpents à sornettes. Les pense-bêtes s’engagent au charme de la trompette. La clé des chants opère, orage et misère valsent de concert, qui s’abat déchue comme vétille, qui bruit chue comme broutille… Et par-dessus tant d’insignifiance, tandis qu’il s’affiche, le bien-être précaire se fiche pas mal du mal de l’existence.

Sur le pari d’un cœur tambour battant, nonobstant les frontières hostiles, l’humour virtuose joue de l’harmonica. Avec souplesse, l’esprit s’avance à se rire de l’humeur des jours inutiles, un de plus, un de moins, c’est selon… Selon la grâce d’un sourire ou selon le venin des armes, selon un rêve à nourrir ou selon le malin plaisir des larmes, l’âme balance.

Mais la vie toujours, toujours contre la peur et pour l’amour, doit s’épanouir... Mais le temps toujours, toujours contre la montre et pour l’instant, doit s’évanouir. Plus ou moins savamment, c’est selon…

Harmonie qu'à.

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