18 mai 2008
Ma flamante n'est plus
Voilà maints jours sans sortir, sans vraiment s’en sortir, puis autant de soirs à me tourner les sangs, puisqu’elle dit tourner court au trop inadéquat.
Je vais bredouille, je rentre dedans, à mon cœur défendant, siroter une bière à ce corps défendu, et tirer quelques lignes, et tirer ce poids mort, et faire mentir les contes et leur fin bien vécue, et mentir à mon compte sur une balle perdue.
La vie m’efface tout, ma flamante n’est plus.
Le poumon ouvert, je veux sceller mes gonds, et tirer sur l’absurde une leçon en rimes, étirer le détail comme un moindre plus, or rien ne rime jamais tant que l’amour toujours.
Je vais bredouille, je rentre dedans, à mon cœur défendant, déguster une mousse à ce corps défendu, et me tricher au sort, et risquer mon va-tout, et faire mentir les cartes et leur dernier atout ; et saluant en retour, je vais tirer un cri sur le soleil cuisant.
La vie m’efface tout, ma flamante n’est plus.
Et ma poitrine gronde, et mon sein se soulève, quand chaque seconde s’accorde à me décrire avec quelle minutie j’ai gagné une amie !
Non. Rien ne rime jamais tant que l’amour toujours ; la vie m’efface tout… cet autre temps qui court.
12 avril 2008
Ces jours derniers
Ces jours derniers, j’ai vécu une mort sans fin
Sous la faux affilée de mais en crocs de si
Couchés à tombeau ouvert sur un calepin
J’ai su la morsure de l’amour en sursis
Pantin sanglé, je reposais entre ses maux
Il me semblait alors ne plus m’appartenir
Hors d’elle, mon silence se sentait de trop
J’ai dû crier à même la tendresse à tenir
Ces jours prochains, seul importera son accent
Le friselis d’une parole dans l’air du râle
Qui bruissera soyeuse contre le gel perçant
Pour être bue comme un alcool musical
Ce présent sait l’ultimatum des jours comptés
La nuit son rêve quitte un peu mes lendemains
Mais elle me parle encore d’instants enchantés
Et mon cœur fixement s’arrête sur le sien
02 avril 2008
Le coeur disputé
Toutes larmes dehors, comme d’autres sortent les griffes, leurs oeillades sont lésion, leurs murmures barbelés.
Fatale rentrée de colère assortie, entre deux saisissantes sensibilités, là où s’invite un silence seyant, la solitude sévit et le tout propos tance.
De tristesse un cil s’éteint doucement, tandis qu’une salve de prières soulève l’émeute d’un regard, rebelle aux flèches de frictions.
Malgré l’éraflure, le sourire innocent se cherche, le frisson se crée à la capture gracieuse du geste qui s’amorce.
Des fumées plein les prunelles, comme d’autres ombrent leurs paupières, leurs peurs sont papillon, leurs querelles fugueuses.
31 mars 2008
Treize ans sous peu
Parfois d’humeur maussade,
Quand je te vois mutin,
Grimper à la façade
De mon autorité ;
Pareil à tout gamin
Dépasser le portail,
En toute parité,
De la modération ;
D’égale témérité,
Saisir le gouvernail
De la contestation ;
Affronter sans ambages,
L’âme encore inculte,
A la force de l’âge,
La mine des adultes ;
Gravir la palissade,
Avec ingénuité,
De ta génération…
Alors d’humeur maussade,
Je me dis : « ténuité,
Tout ne tient qu’à un fil…
De communication ».
Mon fils, t’as eu douze ans
Et à n’en pas douter,
Vu comme va le temps,
Comme il se défile,
Un jour, j’en douterai.
Extrait d’un texte déposé ici, le 02/12/2007 dans « COEURESSES »
Mon « p’tit M » va avoir treize ans dans 7 jours…
03 mars 2008
Fais moi un cygne
Fais moi un cygne et j’étendrai un lac
Un peu follet où flottera son chant
Cette onde non bue par le ressac
Du corps qui se brise sur le coeur suivant
Avec candeur dessine moi un volcan
Des bois d’un élan, je ferai feu de quand
Le gris de lave et la cendre du matin
Figeront d’une coulée nos jours câlins
31 janvier 2008
Qui se soucie du chapeau d'la voisine ?
Je ne sais pas commenter, devine qui je fuis
J’aime le brouillamini et la bruyère aussi
Les trucs insignifiants, l’éveil d’une question
Le manque de conseil, l’avis en suspension
Enfin, qui se soucie du chapeau d’la voisine ?
Tant le pourquoi, c’est tout dire
Chacun sait quoi, surtout rien
Du sérieux qu’on prend pour rire
Des choix de vue que l’on tient
En vrai, qui se soucie du chapeau d’la voisine ?
Le monde se confond au creux d’une réponse
J’aime les galimatias et la pirouette aussi
Un mot allant biquet vers une zone absconse
Cacher sur tout son doute des certitudes d’autrui
Devrais-je me soucier du chapeau d’la voisine ?
Quand seul me préoccupe le simple fait d’aimer
J’aime les galimatias et le brouillamini
Et puis je t’aime, Toi aussi
17 janvier 2008
Pour Elles
Pour Elles, l’aimée courtise la prouesse
Le cœur sur les lèvres, à battre la campagne
Avant le coup de grâce elle pare maîtresse
A loisir, son bras au bras de sa compagne
La vie n’en saura rien, pour que le mot gagne
Elle tue le cri de joie ou celui de l’alarme
D’un filet de voix, elle soulève la montagne
Au pied de laquelle, le sort dépose son charme
Quand seul l’écrit et sa cordée de lettres
Lie d’un égal attrait le vœu de deux êtres
Vers l’escalade au faîte du plaisir exulté
Et la descente en rappel des contrariétés
Quand à perte de vue le verbe haut se lance
Dans le sens du vide et de l’inadvertance
Elle envoie alors des murmures en papier
Qui tapissent des pans de silence tout entier
Par de fines bulles de bande dessinée
Elle crève ces blancs sourds de mésentente
Pour ne pas entendre la page se tourner
Sur Elles, conte les couleurs qu’elle s’invente
Pour avoir le dernier mot, celui de la fin
14 janvier 2008
Clin d'oeil et coquelicots
Ensevelie dans un trésor d’émotions chères à ravir, sous un soleil porte-plume, j’irai, animale, fouir un sol désert, et retournant la braise sur des grands champs de glace, je ferai pour toi comme un bosquet de coquelicots au cœur de la banquise.
Pour saupoudrer nos pousses oniriques, j’aurai un scrupule d’épices et de surfines herbes ; et j’aurai du grès aussi, pour aiguiser ces curiosités, prairie faite à mon âme, et signées de ton nom… En un clin d’œil d’ailleurs, je couvrirai de coton les terrils qui se dressent parfois derrière les mines épuisées.
Puis, toujours, je cultiverai pour toi comme des massifs de coquelicots, parmi les ruines les plus exotiques.
29 décembre 2007
Délicatesse
Jeu de patience passionné, du tact au tact engageant, je gage sur la soierie de ta mise, décence mêlée d’audace, que sens dessus dessous l’étoffe de toi intimera le désordre à mes sens.
Au conditionnel suggestif se conjuguent l’art de la séduction synchrone et l’inflexion imprimée à la chair, afin que nos corps intuitifs se mettent sans vergogne à la discrétion l’un de l’autre.
Qu’ils s’affinent dans cette intime estime, abdiquent vulnérables et déposent céans superfluité et motifs pesants, pour des régals dérobés, pour des gestes ajourés, à la merci de leurs ébats épris.
08 décembre 2007
Insomnie
Mes peurs ensommeillées, la vision stylisée d’un lever de pont entre nos rêves, je perce somnambule au cœur de ton insomnie et du mirage sibyllin où je t’espère, je te donne signes de promesses.
Toi qui ne te reposes plus de tristesse, toi qui désolée m’invites au frisson de la nuit, réveille ton envie, songe et ris, et recouvre la vue. Car tu vois, d’ores et déjà, je surveille à couvrir sans cauchemar le son de la distance, son mur lourd contre lequel ton cafard vrille avec tant d’insistance.
Par un regain de féerie, si tu préfères, ne le laisse pas nous nuire. Telle est transportée qui s’escrime d’espoir, se risque sacrément à s’étourdir…
Et nous y croyons, il n’est pas con d’y croire, mais pas comme des enfants… Nous y croyons en vrai.
Deux lettres, L M, initiales de Nous, deux lettres ainsi qu’un aveu, avec force et chaleur, elle aime et peu importe celle des deux qui l’avoue, puisqu’elles s’aiment confiantes à sourire ensemble à notre destin…
Deux lettres de rappel, t’en souvient-il ?


