10 septembre 2008
Lettre à Mamie, 96 ans

Mamie,
Comme le passé vient vite… On n’est pas tant présent. Si tu savais avec quelle bonté mon enfance fredonne chaque séjour colorié auprès de toi. Je ne veux plus avancer, Mamie. Il faut refondre l’horizon, crier sur la vie afin qu’elle creuse à mains nues dans les gestes d’autrefois.
Si tu savais tous ces matins de petite fille où je m’éveille encore, des récits plein mon chevet, le zèle aussi au bord du drap, juste un battement où je m’y crois toujours, quand tu chantais dans la cuisine l’histoire de cette autre fille, cette pas très belle dont il se fout, et qu’on appelait « rien du tout ».
Si tu savais comme je me revois musarder à tes côtés, parmi certains objets combien familiers, occuper sans ennui ce lopin de paix où j’aimais te trouver, fouir dans quelque tiroir bondé de choses a priori inutiles, que tu conservais pourtant jalousement, parce qu’au fond il y a peu à jeter de ces choses inutiles.
Si tu savais comme me reviennent tes façons d’être et de causer, franche nuance de naturel et de joyeuseté. « Ah, les misérables enfants ! » t’exclamais-tu souvent, face aux incontournables clowneries des diablotins que nous étions. En vérité, quelle misérable je fais maintenant, tandis que dissipés je ne peux plus compter sur ces fabuleux quatre cents coups…
En vérité, quelle enfant je fais maintenant, lorsque je cherche l’accoudoir d’un grand fauteuil, un vélo qui fend le vent, un pion de scrabble, la magie d’un œil bienveillant ou le sourire d’un cheveu grisonnant.
Tu dis que les gens beaux n’existent que dans les films et les romans. Je dis que la beauté, je la sais à travers toi.
Et toi, si tu savais comme…
Comme le passé vient vite… On n’est pas tant présent, on n’a pas tant de mots…
Bien sûr que tu le sais.
Commentaires
comme elle est jolie ta mamie.
Et comme ce "passé vient vite… On n’est pas tant présent" est juste et pourtant je voudrais te dire que le passé n'existe pas et que tu es encore cette charmante enfant et que tous ces instants d'or vivent encore, ailleurs, mais ne sont point morts.
Je t'embrasse flâneuse.
J'ai lu et les souvenirs sont là. Je me souviens de ma grand-mère tricotant d'immenses chaussettes, surveillant le thé, me portant sur le dos. C'est elle qui a appris au petit garçon que j'étais comment il fallait garder les oies en troupeau.
Je souris.
c'est vrai qu'elle est jolie maman
quel bel hommage ici déposé.
a travers ces lignes, le passé revient et je te revois petite fille rieuse et coquine.
bisous
Youlia, oui je la trouve jolie ma mamie, mais c’est tout naturel vu la profonde affection que je lui porte. La photo date de juin dernier. Et elle a 96 ans aujourd’hui !
Bise à toi
TJ, c'est chouette de venir sourire par ici !
Mimie, tu lui fais un gros bisou de ma part hein !
Je t'embrasse également
Très émue par petite Laurence de cet hommage que tu me rends. Je te souhaite une vie aussi riche que celle que j'ai eue avec ton papy et je t'embrasse de tout mon coeur, j'espère vous voir tous très bientôt. Mamie qui t'aime
Je suis émue, tes paroles sont belles, Merci à ta
" Mamie" de les avoir fait surgir de ton coeur. et tu sais si bien dire
Bonne semaine avec les
Bisous de zibulinette
Toujours un petit passage vers toi qui sait si bien jouer avec les mots
Avec les bisous de
Zibulinette
tu m'as fait pleurer...
....tes mots me renvoient à ma grand-mère à moi!
Any
Des mots vivants, des mots vibrants
Comme tu touches juste, belle Flaneuse ! Tes mots filés de tendresse sont à la fois un déchirement et un réconfort...
j'ai beaucoup aimé cette "ode" à votre grand-mère,je garde le souvenir de la mienne,décédée à 98 ans,mais encore si moderne et jeune d'esprit à cet âge;elle fût le soleil de mon enfance et de ma jeunesse,merci
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