29 juin 2008
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« Une fois, c’est jamais » a-t-il écrit*.
Alors, combien deux fois pour toujours ?
Jamais.
*Milan Kundera
22 juin 2008
Quid du bonheur ?
Malgré soi ?
Nous n’avons pas le droit de nous montrer résignés. Nous ne devons pas parler de malheur, quand cela se résume au mal de vivre, tandis que nombre d’âmes meurent sans l’avoir jamais présumé, que des corps souffrent, miséreux, malades, et se taisent pourtant. Nous ne devons en aucun cas nous lamenter, parce qu’il n’y a rien, selon certains, qui justifie un tel désespoir. Même si, selon nous, il n’existe rien non plus qui justifierait que nous fussions aveuglément radieux comme nous devrions l’être…
Vous pouvez le croire, vous ?
Sommes-nous donc par nature si hostiles à notre bien-être, si apprêtés au combat qu’il nous faille appréhender le bonheur comme un fourbe compagnon de route, un imposteur, voire un ennemi potentiel ? Nous nous préparons tellement à devoir réduire les fractures de l’existence que nous nous montrons confondus, jusqu’à l’ingratitude parfois, quand la bonté d’un jour se présente seule à nos yeux, dénuée d’artifices.
Pas plus que le malheur, le bonheur ne frappe avant d’entrer, les deux frappent néanmoins avec acuité une fois entrés, forçant à coup de pourquoi la porte de notre intimité. Tandis que nous flairons d’instinct l’un insidieux, nous ne concevons guère plus l’innocence de l’autre ; circonspects, nous doutons de cette fortune qui nous prend au dépourvu et redoutons aussi de devoir nous en guérir…
Toutes ces histoires heureuses que, préférant éteindre qu’étreindre, nous jetons dans de vulgaires poubelles, de peur qu’elles ne finissent mal, mais comment donc pourraient-elles finir autrement ? Au moins, pourrions-nous vaillamment leur laisser l’opportunité d’échouer ailleurs…
Nous aimons les mots de la mélancolie et avons l’attrait du vide à remplir, nous convoitons avec nostalgie un coin frileux inclinant à la perspective du brûlant souvenir, nous voulons la rage pour nous sentir vivre, les vibrations de l’exaspération pour nous voir espérer, les cris de désolation pour nous écouter parler, les larmes de désamour pour nous regarder pleurer…
En réalité, nous connaissons peu les propos du bonheur, cet état d’esprit méconnu, et l’impression de plénitude et de sérénité mêlées.
A ce carcan de la chance, celui dans lequel nous nous rongeons les sens pour nous en libérer, parce que nous craignons de mourir de quiétude, vous y croyez, vous ?
Le rêver ?
J’ai fait mien un rêve que je porte seule, laissant à l’autre le poids d’une souffrance dont je cherche à nier la lourdeur manifeste.
Je pensais, idéaliste, qu’aimer et l’être en retour s’avérait un bonheur en soi, une sensation légère qui amendait les conditions les plus critiques, mais certaines faiblesses humaines, inhérentes à l’état amoureux, viennent en fait confondre les illusions.
Même si ce rêve me poursuit, je ne peux désormais plus fermer les yeux… sur les maux d’un coeur qui me reconduit à l’orée du chemin.
S’y arrêter ?
Halte-toi en route ! Par là, je voudrais juste souligner la pertinence de ne pas goûter au bonheur fragile, dans l’urgence de vivre, mais de s’asseoir de temps à autre en bordure d’allée, où le déguster, l’apprécier un peu en retrait parfois, capturer la saveur épicée de ce présent fugitif donc précieux, s’imprégner du moindre fragment de ce salut évanescent, saisir à la seconde la beauté d’un panorama lumineux qui s’offre instantanément à tous les sens…
S’étendre sur le lit soudain moelleux de son existence et considérer celle-ci pour ce qu’elle a de plus vulnérable : le Bonheur, dont on peut à la fois être acteur et spectateur, afin d’en fixer les pourtours incertains et de le faire sien, aussi longtemps que toujours, dans la mémoire du cœur.
De la pudeur ?
Le bonheur n’est-il pas communicatif ? A moins de ne savoir autour de soi que de tristes envieux, jalousant dans l’adversité cet éclat chez autrui… N’en déplaise à ceux-ci, pourquoi alors ne pas se montrer généreux et lever toute pudeur à le communiquer ? En partage, surtout aux êtres aimés, aussi pour rassurer.
Il ne s’agit pas d’étaler une richesse devant ceux qui ne la vivent pas ; une fois admise cette réalité, fort de cette liesse, d’en dispenser plutôt le gain, y mettre du sien, et peut-être par là même, de réchauffer le cœur intelligent de ceux qui y croyaient peu.
Etre heureux, et s’avouer comme tel, ne revient pas à désavouer le malheur environnant… Il convient juste de se montrer honnête envers soi et de se dire satisfait, pour une fois.
Le bonheur des uns n’enlève certes rien aux malheurs de certains, il peut cependant contribuer à l’espoir des autres.
Le tout étant de réaliser, non seulement que l’on baigne dedans, mais plus est, de ne guère s’abandonner, pour se sentir exister, aux affres d’une obscure pensée.
Puis simplement, de trouver les mots…
16 juin 2008
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Si tu voulais m'accompagner... Ne serait-ce que la preuve du hasard ?
ONCE
Vu hier :
Le film qui m’a redonné le frisson d’écrire…
14 juin 2008
Imaginez
Un coin de plage retiré, en surface flotte l’illusion du calme, sur une mer incommensurable où surnage la raison, là où le cœur défie l’onde d’un espoir vague, comme bouée de secours.
Un jardin de sable secret, baigné d’un coucher de soleil d’une couleur indéfinissable, sur un nouvel horizon…
Peu importe le lieu, c’est un rivage qui parle, et puisqu’il ne reste rien d’autre à faire, prendre le temps de l’écouter…
Déposer à même la plage son coquillage subcéleste, jeter un galet impulsif vers les dunes aériennes, déserter la grève, quitter le terrain grave, puis fuguer dans la mousse, par-dessus les algues, pour au fil du rouleau, se fendre sur l’azur et s’allonger sur l’eau, donnant alors pâture à cet abandon.
N’être qu’un grain de ce sable discret, croiseur sur-marin, qui s’écoule, la vogue souple, et salue les brisants, sans échouer sur un banc.
04 juin 2008
Triste Blog
Je ne vais plus au travail, je ne mange plus, je ne sors plus… Je passe en commande manuelle et je m’accroche à ma manette dualshock2 pour exploser tout ce qui se met en travers de ma route ! No comment. En effet, j’ai retrouvé un jeu auquel je n’avais joué depuis 2005 :
Grand Theft Auto San Andreas
Pourquoi, me direz-vous, ne pas plutôt profiter de ce spleen intégral pour écrire ?
Parce que cela donnerait :
Si la Liberté a un cri, ce n’est pas celui qu’elle pousse. J’entends seulement le bruit d’une porte que l’on ouvre vers ce monde englouti où, pour un coin de ciel, l’innocence défenestrée s’écrase sur le sol.
Ou encore dans le genre « la grisaille m’assaille » :
J’évolue maintenant au sein d’un monde flou, terre et ciel confondus dans la disharmonie ; un monde surpeuplé de non-sens, un asile rempli de doute, qui tourne sur le vide de sa propre certitude… d’être.
Incertain de lui-même, il se fait une folie, en guise de raison, pour excuser la vie de lui chercher un sens, et se meut désormais sur la cause perdue de sa propre existence.
Ou même dans le genre hermétique :
Dans le miroir du désoeuvrement, ci-gît dès lors le reflet cabalistique d’un songe, mouroir du moment qui trépasse sous l’instant, inversion en duel des travers du temps.
Le deuil lèche les flancs de son empire ; de mal en pis, l’onde surpasse l’onde ; traîtresse de céans, elle l’investit totalement.
Si la chrysalide hors son cocon de soie ne devenait pas… ? Larve éphémère à la frontière de l’inconditionnelle beauté… Introversion.
Dans les bas-fonds de son esprit, un prématuré vagit soudain : l’imaginaire est un enfant adultérin, né des infidélités à l’urgence d’être. Déjouer le réel pour épouser la vie, c’est pour cette âme secrète se révéler à la contemplation.
Arborant sans trêve le visage enfanté de la figuration, le sourire inexprimé d’un regard sauvage et les lèvres humectées au passage des larmes, l’actrice baigne son corps, comme plante au soleil, de rêves insoutenables à la lumière du jour, pour la nuit se blottir dans leurs bras vigoureux.
Ou dans le genre bateau sur le Lac Mièvre :
Un bouquet de mots échu sur ce papier, comme quelques fleurs trouvées dans les décombres d'un hangar sinistré.
Et si tu es en mer, les flots t'apporteront une bouteille vide abritant mon message. Du rivage où je suis, voyant la vie au large, c'est sans l'avoir remplie que je l'aurai jetée.
Le ciel est joyeux et communicatif. En écoutant rire une mouette, je m'invente un fou rire. Et si tu es en mer, le vent te soufflera ces mots légers et riants que tu oublies par vague.
Bref, en ce moment, j’ai vraiment le nez dans le caca et il faudra bien que j’me mouche un beau jour !

