04 mai 2008
Lettre d'une simple de coeur
Si ce cadeau ne vient pas de toi, de quoi est ce présent ?
Cette nuit, j’ai entendu murmurer le noir qui me répétait l’impatience des lendemains, j’ai donc attendu avec effroi le froid du jour et le voile du matin...
Si j'ouvrais les volets ? Verrais-je le soleil pointer ? Dis-moi que cela ne tient pas à un grain de pluie, qu'il faut au moins une rafale pour nous essaimer et, quand bien même, que nous lui résisterions à la poigne de nos désirs !
Je nous remémore, ma tendre, dans nos premiers échanges. Penser qu’à une seconde près, à une hésitation, nous nous serions manquées… La vie même concourait donc à nous séduire. Aujourd’hui en sursis, j’épluche les éventualités, toute à cette inclinaison au plus que parfois ; je m'interroge évidemment, quand ta silhouette se détache en finesse, quand tes appels me reviennent. C'est comme ouvrir un volet pour faire sourdre l’intuition.
Les mots se refusent à mes phrases, ils ne veulent pas pleuvoir...
Ils veulent le talent de croire ; ils veulent enfantins dessiner des rayons autour d'un grand cercle jaune, surplombant le toit d'une maison, une cheminée apparente et un nuage de fumée, et puis un long chemin serpentant vers l'avenir, tant arboré d'espoir... Ils veulent un patio à notre raison d'aimer, un jardin à nos attentes.
Les mots s 'interdisent de pleurer sur un écran d'incertitude. A des lignes d'écriture craintive, ils préfèrent la flèche vive d'un "je t'aime" de plein fouet.
Tu souffres mal que l’on s’éloigne à prétendre que les sentiments ne se suffisent pas, peut-être alors vais-je trop loin dans l’idéal ? Moi, je rapporte en souvenance un présent tangible, ramassé sur une voie jusqu’ici inexplorée, une traînée de joies qui me ramène à Nous bien avant, pour nous rendre bien après…
Je t’aime d’un amour lourd de volonté, puisqu’il soumet ta constance à l’épreuve de l’espace temps et de la distance.
Je t’aime d’un amour lourd de légèreté, puisqu’il soumet ta souplesse d’âme aux aléas des jours sans et des jours avec.
Mais je t’aime d’un amour pur, dans ce qu’il met de vrai et de sensible, malgré "soit". Je t’aime, décidemment, en connaissance de fièvre et de raison.
Souviens-toi comme tout vient de près quand tout porte au-delà, et que rien ne se reproche rien. Souviens-toi dans le détail l’importance que tu as pour moi et la justesse de ce que nous sommes.
Car par-dessus toi, je n’aurai pas d’obscur faux bond, seul l’éclat suspendu à l’improvisé, et la tendresse aussi, toujours essentielle, où viendra se greffer cet accidentel.
Commentaires
Bien reçu...
Des mots d'une fidélité à couper le souffle...
Admirable constance
Quel beau poème d'amour! Comme j'aime cette "inclinaison au plus que parfois", image d'une inclination vive qui ne se brûle qu'en pointillés dans le temps! Et ce "tout vient de près quand tout porte au-delà" qui dit comme le plus intime est aussi ce qui porte le plus loin. Et cette difficulté de dire ou de redire, avec "ces mots qui ne veulent pas pleuvoir" avec quelle constance il faut compenser quand temps et distance picorent le chemin des coeurs.
Toujours bravo, Flâneuse, pour cette plume à la sensibilité communicative!
BEL ANNIVERSAIRE !!!
Tout est dit dans le titre...
Je te souhaite un très bel anniversaire et une année emplie de mots délicatement couchés sur le papier pour Nous ravir toujours...
Même si tu doutes parfois de tes écrits, fais confiance au jugement de toutes ces personnes qui te lisent et t'apprécient...
A vite ma Chère, très Chère Flâneuse.
heureux anniversaire
Je suis complètement d'accord avec Mylène, il faut avoir confiance en toi, tu as beaucoup de talent, c'est un fait.
Je te souhaite un bon anniversaire ma petite flâneuse, j'espère te voir bientôt dans mon humble demeure.
J'ai bien reçu ton 2ème recueil.
Je t'embrasse à bientôt
Gaston,
Une fois encore, votre commentaire s’avère une sincère incitation à poursuivre l’écriture…
Mimie,
La sauvage que j’incarne au quotidien saura bien à son insu fuir son antre pour te rendre visite.
Bisou
Mylène,
Vite, nous ouvrir taimement au coin moelleux de notre existence !
Aussi longtemps que toujours,
Ta
C'est très émouvant, flâneuse, brodeuse de phrases, j'aimerais être aimé avec une telle force.
Merci de tes passages.
Je flâne sur ton blog et j'y reste un moment car tes mots me laissent rêveuse.
Bisous de zibulinette
Youlia,
C'est avec plaisir et curiosité que j'aime venir "marcher" sur ton blog comme d'autres sur la lune, dans un esprit de découverte d'un univers autre.
Zibulinette,
Et bien je vois que nous sommes au moins deux ici à flâner et à rêver !
Je ne peux que souscrire à tous ces commentaires élogieux et mérités. Continue à nous éblouir et à nous émouvoir. Je t'embrasse
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