23 avril 2008
Couloir N1
Il est temps de parler de ce couloir N1
Ce corridor humain des humours de plain-pied
Des sourires au coin du café-rire ralliés
Qui longe les cloisons de notre gagne-pain
Bureau de joutes entre badins de terrain
Passés ces quarts diurnes consignés sur écran
Il est séant de parler du couloir N1
Où la trêve s’emploie à nous armer d’un cran
Ces zestes de détente et de vie sous cape
Ces dialogues que l’on pourrait croire volés
Sont autant de béquilles et de soupapes
Pour inviter tous nos matins à se lever
Il est franc de parler de ce couloir N1
Chaque jour y reconduit notre semaine
Chaque semelle paperasse en son chemin
A grand pas d’anecdotes ou de rengaine
Il est vrai de parler de ce couloir N1
Quand au creux noir de quelque godet fissuré
Se lit parfois le marc d’un zèle pressuré
Par certains maux que l’on se disait anodins
Oui il faut parler de cette coulisse d’entrain
Où s’échangent des mimiques amicales
Foin des grimaces, des saynètes rivales
Qu’on ne saurait singer dans ce miroir N1
12 avril 2008
Ces jours derniers
Ces jours derniers, j’ai vécu une mort sans fin
Sous la faux affilée de mais en crocs de si
Couchés à tombeau ouvert sur un calepin
J’ai su la morsure de l’amour en sursis
Pantin sanglé, je reposais entre ses maux
Il me semblait alors ne plus m’appartenir
Hors d’elle, mon silence se sentait de trop
J’ai dû crier à même la tendresse à tenir
Ces jours prochains, seul importera son accent
Le friselis d’une parole dans l’air du râle
Qui bruissera soyeuse contre le gel perçant
Pour être bue comme un alcool musical
Ce présent sait l’ultimatum des jours comptés
La nuit son rêve quitte un peu mes lendemains
Mais elle me parle encore d’instants enchantés
Et mon cœur fixement s’arrête sur le sien
06 avril 2008
Sans fausse modestie mais sans véritable prétention non plus
Contrairement à tous ces textes que j’ai pu déchirer avant, ces mots que j’ai su abandonner au fil des ans, quand ce blog viendra à disparaître, il restera au moins ceux-là :
Retrouver ses écrits sur papier, qui plus est sous forme de livre, c’est sincèrement un plaisir. Et puis, comme je frappe mes mots directement au clavier, à peine si je sais encore tenir un crayon, et que je ne connais mes textes qu’à travers un écran, ces recueils sont aussi une redécouverte.
Sans fausse modestie mais sans véritable prétention non plus, je suis vraiment heureuse de les avoir « pondus ».
Je voulais vous faire partager ma joie et vous en remercier. Car sans vos encouragements, quels qu’ils soient : commentaires de visiteurs fort sympathiques ou intérêt chaleureux témoigné par mes proches, je n’aurais pas trouvé réelle motivation pour concevoir ce projet personnel.
Il me semble maintenant avoir tourné une page… Une page de garde.
02 avril 2008
Le coeur disputé
Toutes larmes dehors, comme d’autres sortent les griffes, leurs oeillades sont lésion, leurs murmures barbelés.
Fatale rentrée de colère assortie, entre deux saisissantes sensibilités, là où s’invite un silence seyant, la solitude sévit et le tout propos tance.
De tristesse un cil s’éteint doucement, tandis qu’une salve de prières soulève l’émeute d’un regard, rebelle aux flèches de frictions.
Malgré l’éraflure, le sourire innocent se cherche, le frisson se crée à la capture gracieuse du geste qui s’amorce.
Des fumées plein les prunelles, comme d’autres ombrent leurs paupières, leurs peurs sont papillon, leurs querelles fugueuses.


