22 février 2008
Poétesse
Et quand bien même, Nature, ce que tu sèmes aurait la joie d'un ciel coloré de soleil, la vie d'un papillon, sa fugace beauté ne laissent de sillon qu'une poudre éphémère...
A bien saisir, Nature, la clarté que tu offres, de l'aube et ses rayons aux confins du couchant, sous l'ombrage des temps, le jour perce et décline, pour l'étoffe insondable du crépuscule opaque.
Ces mots lacrymogènes inscrits sur le socle où repose endeuillé l'Amour insécable, ces chatoiements des vagues de l'âme subsistent, seuls stigmates à jamais encensés.
Bien au-delà des appels lacérant le poitrail d'un monde perlé de sang aux moeurs liberticides, sur un fond d'irréel, Elle appose le bonheur, extirpe de l'encre noire l'impérissable leurre.
Délibérément, au lointain son esprit se perd, allant chercher ailleurs de quoi ancrer sa trace, preuve irrécusable de son passage bref par l'univers insane de l'Etre inopiné !
Alors que doucement devant ses yeux défilent un flux de paysages d'où rejaillit la flamme, sur le blanc maculé s'épanche sa fibre, comme une métamorphose, une sublimation.
Elle même créatrice, elle redonne le souffle aux splendeurs que la réalité émousse et dans l'agitation engendre l'oasis, peuplée et merveilleuse où règne sa musique.
Et quand bien même, Nature, les barrières que tu dresses seraient inflexibles, dociles à la raison, son esprit vagabond, par la folie alors retrouverait la voie conduisant à la source.
Par ce désert brûlant, aveuglée de lumière, le globe entre ses mains tournerait tel un jouet ; maîtresse de sa liberté mais esclave de ses vers, le bâton qui la guide vers l'authenticité...
Commentaires
Je suis toujours surpris, étonné et conquis, par ce que tu écris de jour comme de nuit. La première lecture me plonge dans l'aventure même si les mots sont durs parfois, je te l'assure.
Le plaisir de te lire, des mots élaborés dans une recherche approfondie sur tous sujets mais qui arrivent chez toi tout simplement, tout naturellemnt, alors que j'avoue humblement que je relis parfois la phrase deux fois pour bien comprendre le sens. Merci de me faire travailler mes neurones.
Tout simplement des bisous pour toi, de zibulinette
Pas si simple
Zibulinette et TJ, merci pour vos gentils commentaires.
Ces mots que vous trouvez tous deux durs, complexes ne me viennent pas toujours spontanément. Je me méfie d’ailleurs des images qui s’imposent directement à l’esprit, car je me dis que si elles coulent ainsi, c’est qu’elles tiennent leur source d’un déjà lu et assimilé ailleurs. Mes textes sont donc façonnés de manière à éviter autant que possible les clichés et l’imitation, au risque de sacrifier une certaine émotion. Parfois, l’inspiration aidant, écrire ne me demande que peu d’effort, les mots s’alignent et jouent alors entre eux tout naturellement, il me suffit juste de puiser au fond de moi la touche de singularité tant convoitée. Tandis que d’autres fois le soin apporté à certains textes requiert d’avantage de temps et de travail.
Et puis, d’autres fois encore, rien ne me parle plus. Et je m’impatiente dans un silence qui me terrifie jusqu’à l’obsession, celle de me taire définitivement.
Bise à tous deux et merci de vos visites
J'aime lire, j'aime écrire. La profondeur des mots, ce qu'ils apportent au monde, ce qu'ils apportent à mon monde, me paraît aussi indispensable que chaque inspiration et expiration...le souffle de la vie.
Et je trouve ce texte que tu as écrit vraiment très beau, sans peut-être, moi non plus, en saisir tous les sens,toutes les subtilités, mais il me touche. Bravo !
PASSER LA MAIN
Quand l'esclave des vers
Connaît la confiance
Elle se soulage du poids des mots
Et se concentre
Dans le regard
Qui suit des yeux
Les courbes de l'écriture
Sans s'inquiéter outre mesure
Des chemins irréels
Empruntés par la langue
Val,
Poussée par une saine curiosité, celle du partage et de l’écrit, je suis passée « chez toi ». Et j’ai ainsi pu constater avec quel enthousiasme tu parles des mots et comme ils te parlent.
gmc,
Quand je pense que l’on dit de mes textes qu’ils sont parfois hermétiques ! Je vais te relire… tranquille.
Poétesse
Je suis revenue te découvrir un peu plus et j'ai relu plusieurs fois ce très beau texte que j'ai beaucoup apprécié.
La modeste poétesse que je suis te dit merci.
Sensorielle,
Oh là là, non ! C'est moi qui te remercie de l'intérêt que tu portes à ce que j'écris. Je prendrai le temps de venir lire tes poèmes.
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